Souviens-toi, Maman

Souviens-toi, Maman, de ces années cinquante
Où je n'étais encore qu'un tout petit enfant ;
Clichés de vie au pays de la Charente,
Images lointaines d'un passé paysan.

Doux souvenirs qui surgissent de ma mémoire,
Séquences embrumées nimbées d'un grand bonheur,
De tous petits riens aujourd'hui dérisoires,
Moments indéfectibles gravés dans mon cœur.

Souviens-toi, Maman, quand tu me prenais la main,
Trait d'union pour m'apprendre la vie et l'amour,
Grandir mon âme et me tracer le chemin,
Remparts inébranlables bâtis pour toujours.

De la nature, tu m'enseignais les splendeurs,
Surprendre l'oisillon à son premier envol,
Observer le papillon butinant la fleur,
M'extasier quand s'allumait dame luciole.

Souviens-toi, Maman, de ces années tendresse,
De ce temps où l'argent ne dictait pas sa loi ;
Ton amour était la plus grande richesse,
Aujourd'hui, je l'écris avec beaucoup d'émoi.

Tu trimais dans les sillons, du matin au soir ;
Je t'attendais sous l'ombre fraîche d'un chêne.
Tu m'y rejoignais pour me lire une histoire
Ou bien me faire un sifflet dans du bois de frêne.

Souviens-toi, Maman, quand nous gardions le troupeau,
Forces tranquilles broutant l'herbe épaisse.
Tu allumais un feu avec de vieux journaux,
Puis tu me contais l'histoire d'une princesse.

Ces rimes d'antan, je te les dédie, Maman,
Papa aurait été fier de les lire aussi ;
Témoignage d'un quinqua sur un autre temps,
Juste pour dire à sa mère un grand merci.

Marc GANRY

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