Quand l'enrobé sent la mort

 

Les étoiles, à la porte du soleil ont sonné.
C'est l'été et le temps des vacances,
Destination, l'air vif des Pyrénées,
Elle est déjà loin la Provence.


La route du bonheur est tranquille.
Quelques pauses chez Dame Nature
Puis re-défilent campagnes et villes.
Dans la nuit, elle roule la voiture.

Parents et enfants ont le cœur léger.
Bientôt ils seront dans la montagne
Avec les grands troupeaux et les bergers,
Heureux de cette frénésie qui les gagne.

A l'arrière, deux gamins font dodo.
Ils rêvent de courir dans les herbages,
De se désaltérer dans les ruisseaux.
Deux mignons frérots, très jeunes en âge.

Au milieu d'eux, le loupiot benjamin.
Il sourit aux anges après la tétée.
Devant, la maman veille sur ses chérubins,
Le papa conduit, il distingue les sommets.

Le large ruban routier sans fin s'étire.
L'auto roule tout doux sur l'enrobé.
Le chauffeur sent ses paupières s'alourdir,
Ses yeux s'embrument, il doit s'arrêter.

Son épouse, assoupie l'interpelle.
Elle a très bien ressenti l'embardée.
Ne faut pas « jouer », la vie est trop belle !
Tout là-bas, elles arrivent les Pyrénées.

Il était six heures trois, ce matin là
Quand cinq cœurs joyeux furent anéantis.
La voiture sous un camion s'encastra,
Le conducteur, fatigué, s'endormit.


Marc Ganry


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