OU "Quand lecteurs et musiciens bénévoles sont les magiciens des Maisons de retraite"
 
A la force de l'été succède l'automne de l'âge.niautomnenihiver
Une saison où la rose se flétrit.
Un temps pour la réflexion et les voyages,
Se souvenir des séquences de sa vie.
 
Sans bruit, il arrive l'hiver de l'existence.
L'horizon, d'habitude si loin, se rapproche.
Les corps et les âmes souffrent en silence.
Les pas du pèlerin, sur le Chemin, décrochent.
 
L'âge des maux quand les corps ploient sous les ans.
L'âge d'or quand les deux regards peuvent se croiser.
L'âge de la solitude quand l'autre coeur n'est plus présent.
L'âge où la rose se détache pour à tout jamais s'en aller.
 
Quatre chapitres écrits sur le parchemin
Le printemps, l'été, l'automne et l'hiver. Ce que vit une rose.
Le pèlerinage, celui de la Vie, sur le grand Chemin,
Qui pourrait ou oserait changer l'ordre des choses ?
 
Moi, déclare Amandine, la Vie est un éternel été !
Dans notre Maison, Il n'y a plus ni automne et ni hiver,
Notre grand âge n'est pas prêt de s'arrêter !
C'est vrai, disent en chœur les autres pensionnaires !
 
C'est comme çà à la Maison de retraite,
Dans le Vallon de Marcillac, la Providence veille.
Au club des joyeux Séniors, le lundi, c'est la fête,
Dans ce coin de ciel d'Aveyron, il brille le soleil.
 
Certes, les maux des corps ne sont pas illusions,
Les têtes vagabondent et se perdent quelquefois,
Mais les "bienfaiteurs" arrivent et chassent les trublions.
Merci à ces "sauveurs" qui apaisent les âmes en émoi.
 
Leurs prestations nous transportent dans un ailleurs,
Dit Marie, de sa voix toute guillerette.
Roger se régale avec Ali-Baba et les quarante voleurs.
Amélie a un faible pour les gentilles blagounettes.
 
Maurice fredonne des airs de son époque,
Clotilde se laisse envahir par la douceur poétique.
Alphonse est captivé par les histoires en langue d'Oc.
Bernard aime les nouvelles authentiques.
 
A la maison de retraite, tout devient magie et féérie,
Ils sont ravis les adeptes de la langue de Molière,
Véritables souffles salvateurs qui enjolivent les esprits
Et prolongent dans les coeurs un très bel été, à leur manière.
 
Subjuguée par tant d'émotion et de félicité,
Savourant avec délice ces instants si beaux et si chers
Amandine entonne , le visage radieux et empreint de solennité :
"Avec vous, magiciens de nos âges, il n'y a plus ni automne, ni hiver".
 
Marc Ganry
30 Mai 2016