Mars qui rit

         
   Un poème de Guy Pujol
mars qui rit
Mars qui pleure, Mars qui rit, c'est le mois du changement,
La terre se libère des gelées, la cascade n'est plus engourdie,
Vive le clair soleil donnant à Mars ses bourgeons d'émeraude jolis,
Ce mois belliqueux sourit dans ses larmes pour accueillir le Printemps.

Quittant la dame des neiges, le torrent bondit allègrement,
De rochers en cailloux son eau cristalline joue à saute-mouton,
Dans la combe son panache d'argent se brise et tombe méchamment,
Depuis son lit l'écume jette sur la bruyère des perles d'or en festons.
 
Dans la valse des saisons l'hiver tire sa révérence,
Partout dans la nature l'impétueux Printemps insuffle son énergie,
La sève monte, les graines germent, les fleurs éclosent en transe,
Mars joue avec Vénus, pour les animaux c'est la saison des amours pour la vie.
 
En plein cœur du pays cathare, Limoux en finit avec son bal des trompettes,
Sur les bords de l'Aude les « fécos » rangent leur costume traditionnel,
Carnaval tire à sa fin en savourant oreillettes et « pescalhos » au miel,
Le tout arrosé par la divine blanquette où le « limos » fait trempette.
 
Du côté de Dunkerque, les carnavaleux défilent jusqu'au bal du Printemps,
Les résidents ouvrent leur « chapelle » sans oublier l'échange des « zôt'ches »,
Les « masquelours » attendent le rigodon au son des tambours et fifres de poche,
Devant la mairie, l'édile au balcon lance les « kippers » ou harengs puants.
 
Dans la forêt, écoutez le pic épeiche tambouriner sur les arbres endormis,
L'oiseau bigarré utilise son marteau-piqueur pour picorer larves et fourmis,
Alors que le sous bois se tapisse d'une myriade d'étoiles blanches d'anémones,
Survolées par le héraut printanier, le citron charmeur cherche sa belle démone.
 
Une chorale de lutins emplumés salue l'arrivée du Printemps magicien,
Bien perché sur sa branche le mâle fauvette coiffé de son béret noir d'ancien
Joue les crooners au chant suave et flutté pour attirer sa dulcinée,
Celui que l'on surnomme le « rossignol de mars » lance sa ritournelle enjouée.
 
Avec branches et mousses la laie prépare son « chaudron » proche de la souille
Pour y déposer maternellement ses mignons marcassins à la livrée rayée,
Mais tout proche dans leur costume brun à la prunelle dorée,
Les mâles du cœur de l'armée rousse entament l'hymne nuptial pour dame grenouille.
 
Quant au compagnon du jardinier, silhouette rondelette et gorge orangée,
Il le suit comme son ombre pour profiter des vers de terre ou larves de chenille,
Le rouge gorge familier perché à faible hauteur, observe, descend, sautille,
Pour ramasser sa proie, puis son marché accompli, se perche à nouveau, gavé.
 
Dans ce Printemps naissant nos admirables saules têtards deviennent mafflus,
Un feu d'artifice de jeunes ramures laisse éclore les chatons duveteux et joufflus,
Arbre magique, on utilise ses baguettes pleureuses pour lutter contre les douleurs,
Grâce à son acide, l'arbre a révolutionné par l'aspirine le soin des maux tirailleurs.
 
L'ARIÉ.....JOIE
15 Février 2014
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